Les sites web que vous visitez chaque jour ne représentent qu’une petite fraction de l’ensemble d’Internet. Au-delà de ce « web surfacique » se trouve le deep web, et au sein de ce dernier, le dark web. Découvrez ce que sont ces différentes couches qui composent l’Internet.
Le Web de surface
Le Web de surface correspond à la partie du Web qui est facilement accessible à tous et indexée par les moteurs de recherche tels que Google et Bing. Il s’agit de la partie que tout le monde voit. C’est là que se trouvent Facebook, YouTube, Twitter, Amazon, eBay, Netflix et tout ce qu’un moteur de recherche classique est capable de retrouver. Le Web de surface ne représente qu’une infime partie de tout ce à quoi vous pourriez vraiment avoir accès via internet.
Le Web profond
Le web profond (aussi appelé « web invisible », « web caché » ou « deep web ») est l’Internet de tous les contenus qui ne sont pas indexés par les moteurs de recherche classiques généralistes (ex : Google). Il faut donc connaître l’adresse (l’URL) précise des sites concernés pour y accéder. Cette non-indexation de pages web peut être volontaire ou non. Sont notamment concernés :
- Les pages 100% dynamiques dont le contenu change en fonction de certains paramètres : les hyperliens de navigation sont générés à la demande et diffèrent d’une visite à l’autre.
- Les sites ou pages isolées du reste du web, sans hyperliens faisant leur promotion. Ces sites (ou partie de sites) ne sont pas liées par d’autres pages et ne peuvent donc pas être découvertes par les robots d’indexation.
- Les sites protégés par authentification. Certains sites nécessitent une authentification (requérant un login et un mot de passe) avant d’accéder au contenu réel : c’est le cas de certains sites payants et des sites avec des archives payantes (journaux en ligne, bases de données de météorologie, etc.).
- Les sites techniquement mal conçus.
- Les sites utilisant exclusivement des technologies incomprises des robots d’indexation : L’utilisation du langage JavaScript (comme Ajax), mal compris, voire incompris par les robots, pour lier les pages entre elles constitue souvent un frein à leur indexation.
- Les sites proposant des contenus incompréhensibles pour les robots d’indexation, comme l’a été par exemple le PDF à une certaine époque.
Votre compte bancaire en ligne représente un bon exemple de page du Web invisible. Il s’agit d’une page Web hébergée sur Internet, mais les moteurs de recherche n’y ont pas accès.
Autres exemples de sites qui se trouvent dans le Deep Web :
- Les emails dans les comptes de webmails
- Les relevés bancaires en ligne
- Les réseaux intranet des entreprises
- Les sites Web internes des hôpitaux
- Les bases de données gouvernementales
- Les bases de données universitaires
- Les sites Web payants
- Les sites Web privés qui requièrent un mot de passe pour accéder au contenu
Le Web invisible est supposé être 400 à 500 fois plus étendu que le Web de surface. Autrement dit, il concerne la quasi-totalité du web.
Le web sombre
Aussi appelé Dark Web, le web sombre constitue une petite partie du Deep Web qui est masquée intentionnellement et qui n’est pas accessible aux navigateurs Internet standards (classiques) tels que Google Chrome ou Microsoft Edge. Pour accéder aux pages cachées du Dark Web, il faut un navigateur spécial (Tor Browser) et il faut surtout connaître l’adresse de destination puisque les pages ne sont pas indexées par les moteurs de recherche classiques généralistes (Google, Bing…).
Le Dark Web représente la face obscure d’Internet infesté par de nombreux réseaux criminels et par des personnes exerçant des activités malveillantes (hackers, trafiquants, criminels, pédophiles, terroristes…). Il regorge de sites illégaux ou criminels. La majorité des pages qui y sont cachées sont concernées par des activités illégales :
- Cybermarchés noirs : contrefaçons (faux passeports…), drogues, numéros de carte de crédit volés, armes, etc.
- Échanges de contenus choquants ou illégaux : pédopornographie, torture, cannibalisme, sexe violent, propagande terroriste, tutoriels de bombes artisanales à réaliser chez soi, etc.
- Services illégaux : embauche d’un tueur à gage, transport d’organes, location de botnets, achats de logiciels malveillants, etc.
Le paiement de ces produits et services s’effectue généralement en Bitcoin, une crypto-monnaie.
Toutefois, cette face invisible et obscure d’Internet ne sert pas uniquement la cause d’acteurs malveillants. Le Dark Web est également utilisé par les dissidents ou les journalistes dans les pays où Internet est fortement censuré ou par ceux qui ne veulent tout simplement pas être surveillés en ligne.
- Les dissidents politiques vivant dans un pays au régime oppressif peuvent utiliser le Dark Web pour communiquer et s’organiser de manière anonyme.
- Les lanceurs d’alertes peuvent y divulguer des documents aux médias tout en conservant leur anonymat.
- Les personnes, vivant dans un pays où la censure sévit, peuvent la contourner et accéder à des réseaux sociaux comme Facebook ou à des sites d’informations bloqués ou censurés par leur gouvernement.
- Les simples citoyens des pays démocratiques peuvent protéger leur vie privée en se soustrayant à la surveillance de masse de leur gouvernement ou de sociétés tierces.

